Ce jeudi 30 Novembre 2014 s’est achevé la 10ème édition du forum économique mondial de la finance islamique, à Dubaï aux Emirats Arabes Unis. La thématique abordée fut celle du partenariat innovant pour une croissance économique. Comment créer de la croissance au travers de ce financement alternatif, en développant respectueusement les valeurs de l’Islam ?

Un intérêt croissant

Née dans les années 1960 à  Dubaï, la finance halal n’a cessé de se développer pour représenter 1800 milliards de dollars d’investissement dans le Monde. Ces 5 dernières années ont connu une croissance de 17% pourraient doubler à 3000 milliards de dollars d’ici 2020, selon le site d’informations www.rfi.fr

Autre point d’intérêt, le nombre de participants cette année, avec 2500 personnes. Hommes d’affaires, investisseurs, chefs d’entreprises, étudiants, musulmans, mais pas seulement. Car la Finance islamique crée un certain engouement chez certains investisseurs et autres sociétés, qui l’apprécie pour son côté socialement responsable et somme toute plus équitable que la finance conventionnelle. Elle s’inscrit en effet dans cette notion de partage, une des valeurs de notre société 3.0 en pleine mutation.

Les Sukuks ont le vent en poupe

Le Sukuk est actuellement le produit de finance islamique le plus répandu. Il s’agit d’un prêt halal qui doit obligatoirement financer un bien tangible, comme un immeuble, une autoroute, une école, une voie de chemin de fer etc… Récemment, l’Afrique du Sud a émis un Sukuk à hauteur de 500 millions de dollars. Le Sénégal et la Gambie viennent d’en émettre en Franc CFA. Dans notre article précédent (voir Les banques américaines se mettent à la Finance Islamique) nous avions que même Goldman Sachs va émettre un Sukuk, après avoir vu sa première tentative refusée quelques années auparavant, le projet n’étant pas « Charia Compatible ».

Une solution pour les banques centrales

Bâle 3, ou les nouvelles normes internationales de régulation bancaire, ont décrétés que les banques devaient avoir dans leur caisse un minimum de liquidités, en cas de coup dur ou de crise majeure. Des sommes importantes seront bloquées, d’où un problème de liquidités pour l’investissement. Les Sukuks sont ainsi une très bonne solution alternative. A noter que la Malaisie, qui fait figure d’exemple en matière de finance islamique, à développé depuis 5 ans les sukuks pour solvabiliser les institutions bancaires privées du pays. Aujourd’hui, c’est le premier émetteur de Sukuks au monde.